Fiscalité espagnole et français : les principes de base
Avant toute chose, il convient de déterminer quand un Français devient résident fiscal en Espagne — et ce que cela implique. Si vous séjournez plus de 183 jours par an, ou si votre centre d’intérêts économiques et familiaux est en Espagne, vous êtes considéré comme résident fiscal. Dans ce cas, l’ensemble de vos revenus mondiaux est soumis à l’impôt espagnol. L’impôt principal applicable est l’Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas (IRPF), l’équivalent espagnol de l’impôt sur le revenu. Le barème 2025, très progressif, débute à 19% pour les revenus les plus modestes et peut atteindre jusqu’à 45 ou 47% pour les hauts revenus, selon la communauté autonome. En tant que résident fiscal, l’Espagne impose donc aussi bien les salaires et revenus d’activité, que les revenus de placement, loyers, plus-values, etc. L’imposition est globale — ce qui peut entraîner une lourde charge fiscale pour les foyers les plus aisés ou disposant de revenus variés.
Variantes et particularités : impôts régionaux, fiscalité du patrimoine, régime pour expatriés
Chaque communauté autonome espagnole conserve une certaine marge de manœuvre fiscale : les barèmes de l’IRPF, les réductions, déductions ou surcharges peuvent varier sensiblement. Un aspect important : le Régime « Loi Beckham » — ou régime pour impatriés — qui peut représenter une alternative intéressante pour les Français venant travailler en Espagne. Sous ce régime, les revenus de source espagnole peuvent être imposés à un taux forfaitaire (24 %) pendant six ans, ce qui peut s’avérer très avantageux selon le niveau de revenus. Cela dit, ce régime a des conditions précises (emploi salarié, non-résidence fiscale récente en Espagne, etc.), et n’empêche pas que d’autres revenus (revenus du patrimoine, revenus étrangers, etc.) puissent rester soumis au barème normal selon la situation. Enfin, l’Espagne applique un impôt sur la fortune (selon patrimoine global pour les résidents) ou sur les biens détenus localement pour les non-résidents, ainsi que des impôts sur les successions et donations — chacun variable selon la région.
Autres impositions : revenus locatifs, fiscalité immobilière, TVA (IVA)
Si vous possédez un bien immobilier en Espagne ou si vous générez des revenus locatifs, ces revenus sont soumis à l’IRPF si vous êtes résident, ou à un régime spécifique si vous êtes non-résident (19 % pour les résidents UE selon revenus nets, 24 % pour les non-résidents hors UE sur les revenus bruts). Même si votre logement n’est pas loué, l’Espagne impose un “revenu imputé” basé sur la valeur cadastrale du bien — cela doit être déclaré chaque année. En ce qui concerne la TVA, l’Espagne applique la taxe standard (IVA) à 21 %, avec des taux réduits (10 %, 4 %) selon les biens et les services.
Pourquoi de nombreux Français envisagent Andorre — aperçu du régime fiscal andorran
L’Andorre, petit État des Pyrénées, attire de nombreux résidents étrangers grâce à son cadre fiscal très favorable. L’impôt sur le revenu des personnes physiques y est très bas : le barème prévoit un abattement jusqu’à 24 000 € non imposables, puis 5 % jusqu’à 40 000 €, et un taux maximal de 10 % au-delà. À côté de cela, l’imposition sur les sociétés est également réduite (10 %), et l’équivalent de la TVA — l’IGI — est très faible (4,5 %), ce qui allège fortement les coûts de consommation et de fonctionnement. Autre avantage notable pour les résidents en Andorre, absence (ou quasi-absence) d’impôts sur le patrimoine, sur les successions ou donations, ou encore sur les plus-values pour certains types d’actifs — des points souvent cités comme attractifs pour les expatriés ou résidents fortunés.
Critères de résidence fiscale et obligations — ce qu’il faut savoir
Pour être résident fiscal en Andorre, il faut remplir des critères précis : y séjourner 183 jours ou plus, ou justifier d’un centre d’intérêts économiques et sociaux dans le pays. Des permis peuvent être accordés selon que vous travaillez, créez une entreprise, ou vivez de revenus passifs. Il est donc possible pour un Français de “changer de fiscalité” — mais attention : le simple déménagement ne suffit pas. L’administration fiscale espagnole peut considérer que vous restez résident fiscal tant que les critères ne sont pas remplis. Le régime fiscal andorran, en plus d’être simple et transparent, offre une stabilité souvent appréciée — ce qui en fait une option très attractive face à la complexité et à la variabilité des impôts en Espagne.
Comparatif : Espagne vs Andorre — pour quel profil ?
Comparer la fiscalité espagnole et andorrane revient à confronter deux modèles très différents, chacun pensé pour répondre à des besoins distincts. D’un côté, l’Espagne applique une fiscalité progressive, structurée autour d’impôts nationaux et régionaux, pouvant représenter une charge importante pour les contribuables aux revenus élevés ou diversifiés. De l’autre, l’Andorre mise sur une imposition légère et stable, avec des taux significativement plus bas et une pression globale réduite, particulièrement attractive pour les profils internationaux.
Salariés, expatriés ou hauts revenus : lourde fiscalité en Espagne, gains potentiels en Andorre
Pour un salarié ou un cadre qui perçoit un salaire conséquent, l’Espagne peut imposer fortement : avec un taux marginal pouvant atteindre 45–47 %, la « fatigue fiscale » peut être importante. Les revenus du capital, les loyers, les plus-values, les impôts sur le patrimoine, viennent s’ajouter. En revanche, en Andorre, même avec un revenu élevé, l’impôt reste modéré : 10 % au maximum, avec un niveau d’entrée imposable favorable. Cela rend le pays particulièrement attractif pour ceux qui recherchent à maximiser leur revenu net — qu’il s’agisse de salaires, d’indépendants, de travailleurs à distance, ou d’investisseurs. Ainsi, un Français avec des revenus importants pourrait trouver en Andorre un cadre fiscal nettement plus favorable qu’en Espagne — ou qu’en France — sans renoncer à une vie européenne.
Expatriés, itinérants ou non-résidents : attention aux règles espagnoles
Pour un Français s’installant en Espagne — salarié ou non — la fiscalité peut vite devenir un casse-tête : résidence taxable, déclaration de revenus mondiaux, impôts sur patrimoine ou biens immobiliers en France, revenus locatifs, plus-values, etc. Le Régime « Loi Beckham » peut aider, mais il est soumis à conditions strictes et ne concerne que certains revenus de source espagnole. Quant aux non-résidents qui possèdent un bien en Espagne, ils doivent quand même parfois déclarer un “revenu imputé” — même si le logement n’est pas loué — ce qui crée des obligations fiscales parfois méconnues. Pour un Français habitué à penser en “résident d’un pays, impôts dans ce pays”, ces subtilités peuvent entraîner des erreurs coûteuses.
Entrepreneurs, investisseurs et entrepreneurs digitaux : Andorre, un choix stratégique
Pour un entrepreneur, un investisseur ou un travailleur indépendant, Andorre peut offrir des avantages significatifs : taux de l’IS bas, imposition personnelle réduite, fiscalité stable, peu de taxes sur le patrimoine, consommation moins taxée. Ce cadre peut permettre une meilleure rentabilité, davantage d’épargne, et une planification patrimoniale plus souple. En Espagne, l’impôt sur les sociétés (25%) reste nettement plus élevé, et la pression fiscale globale, combinée à la variabilité selon les communautés autonomes, réduit l’attractivité pour ce type de profils.
Limites, risques et contraintes — ce à quoi il faut faire attention
Même si la fiscalité andorrane apparaît particulièrement attractive comparée à celle de l’Espagne ou de la France, l’expatriation ne s’improvise pas. Plusieurs écueils peuvent réduire — voire annuler — les bénéfices attendus si les règles de résidence, de conformité ou de déclaration ne sont pas strictement respectées. De leur côté, les obligations fiscales espagnoles restent parmi les plus complexes d’Europe, avec des variations territoriales importantes et des interprétations parfois strictes de la notion de résidence fiscale. Voici les principaux points de vigilance pour éviter les mauvaises surprises.
Conditions strictes pour devenir résident fiscal en Andorre
Déménager en Andorre ne suffit pas automatiquement — il faut y établir un vrai centre d’intérêts économiques ou sociaux, y passer suffisamment de jours, et souvent prouver un engagement concret. Sans cela, l’Espagne (ou un autre pays) peut estimer que vous restez résident fiscal, ce qui annule l’intérêt fiscal. Pour les actifs (immobilier, revenus étrangers, biens détenus en France ou ailleurs), la double imposition, les conventions fiscales et les déclarations deviennent complexes. Un accompagnement fiscal professionnel est souvent indispensable.
Fiscalité locale espagnole complexe et inégalitaire selon la région
L’Espagne se caractérise par des disparités fortes selon la communauté autonome : barèmes, impôts locaux, réductions, abattements, imposition sur les successions ou patrimoine, etc. Un résident à Madrid n’aura pas la même facture fiscale qu’un résident à Valence ou en Andalousie. Cela rend les prévisions difficiles et impose une veille constante — un inconvénient pour ceux qui recherchent la stabilité.
Complexité administrative et risques de redressement pour les expatriés
Entre déclaration des revenus mondiaux, revenus locatifs, plus-values, biens en France ou ailleurs, résidence fiscale floue, revenus combinés, etc. — l’Espagne demande une rigueur importante. Beaucoup d’expatriés commettent des erreurs (oubli de déclaration, mauvaise estimation, confusion résidence/non-résidence) ce qui peut entraîner des redressements fiscaux, amendes, voire des coûts imprévus. De plus, certaines règles fiscales (ex. revenus imputés sur bien non loué) sont peu intuitives pour un Français, d’où l’importance d’un bon accompagnement.
Pour qui Andorre ou l’Espagne ? Les profils types
Choisir entre l’Espagne et l’Andorre ne se résume pas seulement à comparer deux fiscalités. Les deux territoires offrent des cadres de vie très différents, des régimes fiscaux contrastés et des opportunités variées selon le profil, la mobilité et les objectifs patrimoniaux de chacun. Pour un Français qui envisage une expatriation ou une optimisation légale de sa situation fiscale, il est essentiel d’évaluer ces paramètres en fonction de sa propre réalité : revenus, situation professionnelle, patrimoine, niveau de mobilité, tolérance administrative ou encore stratégie à long terme. Certains profils s’épanouiront dans la diversité régionale espagnole, son marché du travail et sa vie urbaine ; d'autres tireront pleinement parti de la fiscalité réduite, du cadre stable et du dynamisme entrepreneurial de l’Andorre. Voici un panorama clair des profils pour lesquels chaque destination peut constituer un choix cohérent.
Ceux pour qui l’Espagne reste pertinente
- Ceux qui recherchent un cadre de vie en Europe avec un coût de la vie modéré (logement, climat, culture, proximité).
- Ceux dont les revenus sont modestes ou moyens : l’IRPF peut rester raisonnable, surtout avec les abattements et déductions.
- Ceux qui n’ont pas la possibilité de déménager, ou pour qui la proximité familiale et culturelle avec la France prime sur la fiscalité.
- Ceux bénéficiant du régime “Loi Beckham” — pour un projet salarié, à moyen terme, avec des revenus de source espagnole.
Ceux pour qui Andorre peut faire la différence
- Les salariés ou entrepreneurs à revenus élevés cherchant à optimiser leur rémunération nette.
- Les indépendants, freelances, entrepreneurs digitaux, investisseurs souhaitant combiner faible imposition, fiscalité stable et cadre de vie.
- Les personnes soucieuses de leur patrimoine, souhaitant éviter l’impôt sur la fortune, les droits de succession ou les lourdes charges sur les plus-values.
- Ceux qui peuvent répondre aux critères de résidence fiscale (séjour, centre d’intérêts, etc.) — souvent des profils mobiles, flexibles, ou ayant un projet professionnel compatible.
Conclusion : Fiscalité espagnole pour les Français
La fiscalité espagnole — progressive, détaillée, parfois lourde — reste en place pour quiconque vit, travaille ou possède des revenus en Espagne. Pour un Français, cela peut signifier une imposition importante surtout si les revenus sont élevés ou variés (salaires, loyers, plus-values, patrimoine). Malgré des dispositifs comme la « Loi Beckham », la complexité, les obligations de déclaration et les disparités régionales rendent le système parfois difficile à anticiper.À l’inverse, la Principauté d'Andorre apparaît comme une alternative fiscalement attractive : impôt sur le revenu maximum de 10 %, imposition faible sur les sociétés, absence (ou quasi-absence) d’impôts sur le patrimoine ou les successions, consommation moins taxée… Ces avantages, combinés à la qualité de vie et à un cadre européen, en font un choix séduisant pour les profils à revenus importants, les entrepreneurs ou ceux cherchant à maximiser le rendement de leurs revenus. Au final, le choix entre Espagne et Andorre dépend avant tout du profil, des priorités, de la mobilité, des revenus et de la tolérance à la complexité administrative. L’Espagne reste séduisante pour son mode de vie, son climat, sa culture — mais Andorre conserve un attrait fiscal difficile à ignorer pour qui souhaite optimiser ses revenus dans un cadre transparent et stable.
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